La régionalisation dans la gestion des crises sanitaires

La régionalisation dans la gestion des crises sanitaires

15 avril 2020
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La crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 a amené notre système de santé à appliquer des mesures exceptionnelles de réorganisation pour faire face à l’afflux de personnes atteintes du virus et assurer la continuité des soins pour l’ensemble de la population. Parmi les nombreuses informations auxquelles nous sommes confrontés, il peut s’avérer complexe de comprendre l’articulation des dispositifs prévus dans la gestion d’une crise sanitaire d’ampleur.

L’Observatoire de la Régionalisation, sous l’égide de nile, propose dans une note explicative un rappel des plans, mesures et actions visant à mobiliser les différents acteurs du territoire ainsi qu’un focus spécifique sur le cas de la région Grand Est, épicentre de l’épidémie en France.

Créé par nile, l’Observatoire de la Régionalisation est un cercle de réflexion sur l’impact des politiques de régionalisation du système de santé.


L’avis de nile

La gestion d’une crise nationale constitue un marqueur déterminant pour un Etat et son administration en ce qu’il révèle leur capacité à agir efficacement dans des délais extrêmement courts. Si des plans et dispositifs d’urgence ont bien été élaborés au fil des années pour prévoir l’organisation de notre système de santé en cas de crise, l’épidémie de Covid-19 semble mettre en lumière un nombre certain de dysfonctionnements et de blocages.

La réponse régionale institutionnelle, menée de front par l’administration centrale du ministère de la santé et les agences régionales de santé, montre aussi la limite des dispositifs prévus, accusant un certain retard pour accompagner les acteurs de terrain notamment dans l’attribution des masques ou la mobilisation de cliniques privées, disposant pourtant de lits de réanimation. On peut même se poser la question de l’existence d’une information préalable et de la co-construction de ces plans ultra-complexes avec les acteurs de terrain, en particulier de premier recours. A l’évidence, ils ont été conçus sur un modèle « top-down » qui, depuis des années, a fait la preuve de son inanité sur le plan de la mobilisation des professionnels et des structures.

Le contraste flagrant entre les discours et la réalité illustre un manque de vision évident des besoins sur nos territoires. Si les crises précédentes (canicules, attentats, épidémies) avaient permis de modifier certains plans de gestion de crise, cette nouvelle épidémie montre que l’articulation des dispositifs, l’organisation de l’Etat au niveau national comme territorial et la mobilisation et la coordination des acteurs, sont loin d’avoir fait la preuve de leur efficacité.